Cette mission a permis de recueillir la parole des jeunes de l'aide sociale à l'enfance (ASE), rencontrés directement dans leurs lieux d'accueil, pour faire connaître leurs visions de leurs familles d'accueil, de leurs foyers d'urgence, mais également sur leurs besoins et leurs attentes. Le bilan tiré de ces nombreux entretiens est en demi-teinte. Si les enfants font état des bons moments passés avec les travailleurs sociaux et soulignent leurs qualités professionnelles, de nombreux dysfonctionnements sont pointés du doigt. Les jeunes souhaiteraient davantage rencontrer leur référent ASE. Ils souffrent d'une stigmatisation du fait de leur placement, notamment à l'école. En conséquence, certains expliquent vivre avec honte le fait d'être associés à l'aide sociale à l'enfance et demandent plus d'anonymat. Le document met en exergue l'importance de mieux considérer le "temps de la nuit" au sein des structures et de former les professionnels aux questions affectives et sexuelles.