Les rédacteurs de la revue de l'association "Enfance et familles d'adoption" constatent que de nombreux enfants en difficulté sont en quelques sorte "invisibles". Ils rappellent qu'en effet une très grande majorité des enfants pris en charge par l'aide sociale réintègre leur famille d'origine, que beaucoup de pupilles de l'Etat juridiquement adoptables ne trouvent pas de familles d'adoption, et que plusieurs milliers d'enfants isolés arrivent chaque année sur le territoire français.La situation de ces catégories d'enfants reste précaire, leur prise en charge par les structures d'aide sociale à l'enfance est faible, et intervient souvent tardivement surtout lorsque les enfants retournent dans leur famille d'origine. Ces enfants souffrent de multiples carences affectives, alimentaires, absence de soins, violences et sévices. Ce qui est en cause ce n'est pas l'absence de politique publique nationale et locale, mais des failles et des lourdeurs dans ces dispositifs qui entrainent des délais parfois très longs avant une prise en charge, le manque de suivi du devenir des enfants lorsqu'ils réintègrent leur famille, l'absence de véritable coordination et de suivi dans les interventions pour assurer une continuité et une stabilité de la prise en charge.