Cette note d'analyse étudie la persistance intergénérationnelle de la pauvreté en France en suivant une cohorte d'élèves de l'entrée au collège jusqu'à l'âge adulte (26-27 ans). L'auteur démontre qu'une exposition intense à la pauvreté durant l'adolescence accroît les risques de sortie précoce du système scolaire, de devenir NEET (ni en emploi, ni en études, ni en formation) et de percevoir de bas salaires. L'étude révèle une "surpénalité féminine" : la pauvreté pénalise plus fortement les femmes, notamment via l'impact de la parentalité qui les éloigne du marché du travail, alors qu'elle a l'effet inverse chez les hommes. Le diplôme reste le médiateur principal de cette reproduction sociale, soulignant l'importance d'intervenir dès la petite enfance et de promouvoir la mixité sociale au collège.